Atelier de lancement du projet PGIP-GM

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RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix – Travail – Patrie

MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DE LA PLANIFICATION ET DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI)

Projet de Gestion Intégrée du Paysage du Grand Mbam (PGIP-GM)

ATELIER DE LANCEMENT OFFICIEL DU PROJET

Photo de famille devant la salle multimédia de Yoko — 25 mars 2026.  Partenariat Cameroun-CAFI

Date et lieu : 25 Mars 2026 — Commune de Yoko, Mbam et Kim, Cameroun

À Yoko, le Grand Mbam prend son destin en main

La commune de Yoko s’est animée de façon particulière ce 25 mars 2026. Les bannières blanc, bleu et vert claquent devant la salle multimédia de la commune. Les participants arrivent de Ntui, de Mbakaou, de Lena, de Linte, de Bafia, de Yaoundé. Des chefs traditionnels en grande tenue prennent place aux côtés d’agents des Eaux et Forêts, de femmes productrices de manioc, des producteurs de cacao, d’éleveurs allogènes, de partenaires techniques au développement, et d’experts cartographes. Quelque chose d’inhabituel s’est passé ici.

En effet, la Collectivité a accueilli le lancement officiel du Projet de Gestion Intégrée du Paysage du Grand Mbam (PGIP-GM), premier des quatre ateliers communaux prévus dans le cadre de ce projet phare du Partenariat Cameroun-CAFI. Plus de 100 participants ont répondu présent — une mobilisation qui, à elle seule, augure l’ambition du projet.

De gch à drt : Dr SAIDOU Hamadou, Coordonnateur PGIP-GM ; M. MAJILA SAF SAF, Sous-Préfet de Yoko ; M. Dieudonné Annir Tina, Maire de Yoko ; et Dr. Julien DUPUY (CTP PGIP-GM).

Le Grand Mbam : un territoire stratégique du développement local

Pour comprendre l’enjeu, il faut s’approprier les cartes affichées qui permettent de distinguer un territoire de 3,3 millions d’hectares, à cheval sur les départements du Mbam-et-Inoubou et du Mbam-et-Kim. Un paysage où la forêt couvre encore 62,5% de la superficie, et où deux parcs nationaux — le Parc National du Mbam et Djerem, et celui du Mpem et Djim — protègent près de 119 000 hectares d’écosystèmes. Un territoire qui abrite 207 803 hectares de forêts à grande valeur de conservation et à haut stock de carbone.

Mais ce territoire est aussi sous pression. Depuis 2014, 4,1% du couvert forestier a disparu. L’agriculture extensive grignote les lisières. Les conflits d’usage entre éleveurs, agriculteurs et gestionnaires d’aires protégées s’intensifient. Et sans action coordonnée, la trajectoire risque de s’aggraver.

Carte d’occupation des sols de la Commune de Yoko (Clusters 3, 4, 5, 6 — Parc National Mbam et Djerem — UFA — Forêts communautaires).

Une cérémonie officielle, des acteurs présents, un engagement tacite

Présidant l’ouverture, M. MAJILA SAF SAF, Sous-Préfet de Yoko, a donné le ton : l’État est là, et il compte bien que ce projet réussisse.

  1. Dieudonné Annir Tina, Maire de Yoko, a exprimé avec franchise ce que sa commune attend : des pistes rurales praticables, des revenus agricoles qui permettent aux jeunes de rester, une forêt qui soit une ressource et non une contrainte.
 

« Ce qui se construit ici avec les acteurs locaux, à partir de la réalité du terrain, servira de référence pour les trois communes suivantes. Yoko montre la voie. » Dr. SAIDOU Hamadou — Coordonnateur PGIP-GM

 

Dr. Julien Dupuy, Conseiller Technique Principal (GFA), a présenté l’architecture du projet : six axes thématiques — de l’aménagement du territoire à la valorisation des produits agricoles et forestiers — avec une boussole unique : concilier développement économique local et préservation des espaces forestiers.

Les chefs traditionnels des clusters 3 et 4 réunis à l'atelier de Yoko.

Trois jours pour poser les fondations

Au-delà de la cérémonie, c’est un atelier technique de trois jours qui se décline dans la salle de conférence de la Commune. Trois groupes de travail se penchent sur des questions concrètes : où précisément passent les limites des clusters d’intervention ? ou se trouvent les Forêts à grande Valeur de Conservation et à haut stock de Carbone ? Quelles pistes sont prioritaires pour le désenclavement et les infrastructures indispensables à l’intensification agricole ? Quels sont les revenus actuels des ménages ? Qui sont les bénéficiaires, avec des quotas d’inclusion stricts — 30% de femmes, 10% de populations autochtones ?

Les cartes sont sur les tables. Les experts en Aménagement du Territoire, Intensification Agricole, Gestion des ressources forestières, Infrastructures et SIG travaillent avec les chefs de village, les responsables des organisations des producteurs, les responsables de la commune, les conservateurs. C’est cela, l’approche paysage : pas un projet pour les communautés, mais surtout avec elles.

Les travaux de groupe 

PGIP-GM : un projet ancré dans les ambitions du Cameroun

Le PGIP-GM s’inscrit dans une architecture nationale et internationale cohérente : la SND30, la Contribution Déterminée Nationale 3.0, le Plan National Climat, et la Lettre d’Intention Cameroun-CAFI signée à Hambourg en octobre 2024. Financé par la KfW à hauteur de 20 millions USD sur quatre ans (2026-2029), il forme un ensemble cohérent et synergique au service de la transformation structurelle verte de l’économie camerounaise, avec 3 autres projets lancés au Cameroun : PCIM (GIZ/PNUD), PAIDATA (FIDA) et PRCAT (GIZ).

Il cible des résultats concrets et mesurables : 2 000 producteurs accompagnés en transition agroécologique, 50 000 ha de forêts protégées, 50 km de pistes rurales réhabilitées, 1 000 ha de paysages restaurés. 

« La forêt devient une source de revenus durables pour tous. »

À Yoko, ce 25 mars 2026, la collectivité a décidé d’y croire et de se mettre à l’œuvre. Tout y est prêt pour le déploiement des investissements dans la commune.

La suite ? Les communes de Bokito, Ngambé-Tikar, Mbangassina. Et après, les investissements concrêts avant la mise à l’échelle.