

« Vers un Plan National Climat (PNC) ambitieux : étape cruciale pour le Cameroun »
Date et lieu : 21 Fevrier 2025 à Yaounde au Cameroun
Le Cameroun travaille à franchir une étape décisive dans la lutte contre le changement climatique et pour la résilience. Du 19 au 21 février 2025, l’atelier de cadrage pour l’élaboration du Plan National Climat (PNC) et la révision de sa Contribution Déterminée au Niveau National (CDN) mobilise les acteurs mandatés (MINEPDED ; MINEPAT ; MINADER ; MINFOF ; MINEE ; Société Civile ; Experts) avec comme mandat de tabler sur les approches, grands axes, méthodologies et chronogrammes afin de permettre au pays de disposer de ces documents stratégiques, et faire face aux défis environnementaux pressants il est confronté.
Lien entre le PNC et la SND30
Le Plan National Climat (PNC) s’inscrit dans la vision plus large de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) du Cameroun. Cette dernière met l’accent sur la durabilité et la résilience face aux défis environnementaux. Parmi les axes retenus dans la SND30, on trouve des initiatives visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, promouvoir la gestion durable des ressources naturelles et renforcer la résilience des communautés vulnérables. Ces priorités sont en étroite corrélation avec les objectifs du PNC, qui vise à élaborer des stratégies concrètes pour atténuer les impacts du changement climatique, à la fois sur l’environnement et sur les moyens de subsistance des populations.
Enjeux climatiques en Afrique et dans le monde
À l’échelle mondiale, le changement climatique se manifeste par une augmentation des températures, avec une élévation moyenne de 1,1 °C depuis l’ère préindustrielle. En Afrique, les impacts sont particulièrement sévères, avec une hausse des températures prévue de 1,5 à 2 °C d’ici 2050. Au Cameroun, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint environ 300 millions de tonnes de CO2 en 2020, contribuant à la dégradation du couvert végétal qui a diminué de 20 % au cours des 20 dernières années. Les sécheresses se sont intensifiées, avec des périodes sèches prolongées augmentant de 20 % dans certaines régions.
Les précipitations, quant à elles, ont montré une variabilité accrue, rendant l’agriculture, qui emploie 70 % de la population, de plus en plus risquée. La dégradation des écosystèmes entraîne une perte de biodiversité, ce qui affecte non seulement l’environnement mais aussi les économies locales qui dépendent de ces ressources.
Ces changements climatiques sont liés à des impacts économiques considérables, notamment une baisse de la productivité agricole, des pertes de revenus pour les agriculteurs, et une augmentation des coûts liés à la gestion des catastrophes naturelles. Ainsi, l’intervention de CAFI s’inscrit dans le cadre des actions et objectifs de la SND30, visant à renforcer la résilience des communautés face aux défis climatiques.
Défis climatiques du Cameroun
L’Afrique, et particulièrement le Cameroun, subit de plein fouet les effets néfastes des changements climatiques. Le pays fait face à des sécheresses prolongées, des inondations récurrentes, et une déforestation alarmante qui mettent en péril non seulement l’environnement, mais aussi les moyens de subsistance de millions de personnes. Environ 70 % de la population dépend de l’agriculture de subsistance, un secteur particulièrement vulnérable aux variations climatiques. Cette situation nécessite des solutions adaptées et durables pour garantir la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés.
De plus, le Cameroun est confronté à la dégradation de ses écosystèmes, ce qui entraîne une perte de biodiversité et affecte les ressources naturelles. L’urbanisation rapide et l’exploitation non durable des ressources aggravent ces problèmes. Sans une action immédiate et coordonnée, les impacts du changement climatique risquent d’être dévastateurs, entraînant des impacts économiques et sociaux à long terme.
L’atelier de février est une occasion unique pour le Cameroun de poser les bases d’un avenir résilient face aux défis climatiques. En mobilisant les parties prenantes autour d’une vision commune, le pays peut non seulement renforcer sa capacité d’adaptation, mais aussi contribuer à la réalisation de ses engagements internationaux en matière de climat. La participation active de tous sera essentielle pour transformer ces discussions en actions concrètes et durables.
Les principaux résultats visés au terme des travaux les sont les suivants : (i) l’identification des acteurs clés, en veillant à clarifier les rôles de chaque participant dans le processus d’élaboration du PNC et de révision de la CDN ; l’adoption d’une méthodologie, structurée et pertinente pour la collecte et l’analyse des données nécessaires à une prise de décision éclairée ; (iii) et la planification des actions au travers de l’élaboration d’une feuille de route intégrant les responsabilités et les échéances, afin d’assurer une mise en œuvre efficace des politiques climatiques.

En attendant l’évaluation de mise en œuvre de la CDN en fin de parcours, et dans la dynamique de l’actualisation de ce cadre stratégique par l’élaboration de la CDN 3.0, quelques éléments d’avancées notables sont à mentionner. En effet, en tant que signataire de l’Accord de Paris, le pays s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 32 % d’ici 2035 par rapport à un scénario de référence. Parmi les initiatives mises en œuvre, on peut mentionner :
- Le renforcement des capacités : Des programmes de formation ont été lancés pour sensibiliser les acteurs locaux aux enjeux climatiques et aux pratiques durables.
- Des projets de reforestation : Le pays a initié des projets de reforestation et de gestion durable des forêts, contribuant à la préservation de la biodiversité et à l’atténuation des effets du changement climatique.
- Des infrastructures résilientes : Des efforts ont été faits pour développer des infrastructures résilientes face aux aléas climatiques, notamment dans le secteur agricole.
Ces avancées témoignent de l’engagement du Cameroun à intégrer les questions climatiques dans ses politiques de développement, mais il reste encore beaucoup à accomplir.
Solutions potentielles envisageables
Les discussions pourraient aboutir à des solutions innovantes et pratiques, en matière de :
- Pratiques agricoles durables : promouvoir des méthodes agricoles qui préservent les ressources naturelles tout en améliorant la productivité.
- Gestion intégrée des paysages : développer des stratégies de gestion qui intègrent conservation et développement économique.
- Renforcement des capacités : former les acteurs locaux pour qu’ils puissent mieux faire face aux enjeux climatiques.
Brief technique 1 : Méthodologie et feuille de route du PCN retenus
Pour atteindre les objectifs ; les parties prenantes à cet important atelier de travail ont achevé les travaux par le consensus de l’assemblée sur les points de vigilance et de suivi de l’élaboration, la soumission, la validation et la transmission des livrables finaux : le PCN et le CDN3.0. Les trois principaux jalons frachis ou à venir se résume en :
- Préparation-Elaboration (Oct 2024–Mars 2025) : Cadrage institutionnel, collecte de données, mobilisation des experts.
- Concertation (Jan–Mars -2025) : Ateliers sectoriels, consultations publiques, intégration des enjeux transverses (genre, inclusion).
- Rédaction & validation (Avr 2025) : Approbation institutionnelle et politique, soumission

La feuille de route et le rétroplanning contraignant se présentent comme suit :
Feuille de route révisée (pour soumission le 20/04/2025)
Objectif : Produire et transmettre le PNC et la CDN 3.0 d’ici le 20 avril 2025.
Rétroplanning détaillé : (Dates clés en partant de la deadline)
Étape | Responsable | Date cible | Livrable |
Soumission PNC + CDN 3.0 | Ministère porteur | 20/04/2025 | Documents finaux transmis à la CCNUCC[1] |
Approbation gouvernementale | Cabinet/Premier Ministère | 15/04/2025 | PV de validation officielle |
Revue finale | Unité de projet | 10/04/2025 | Avis de conformité juridique |
Validation technique | Comité scientifique | 28/03/2025 | Scénarios climatiques et budget carbone validés |
Ateliers interministériels | Ministères concernés | 15/03/2025 | Accord sur les cibles sectorielles |
Rédaction technique (PNC/CDN) | Équipe rédactionnelle | 31/01/2025 -10/03/2025 | Version préliminaire des documents |
Consultations sectorielles | Secteurs (énergie, transport…) | 15/01/2025 -15/03/25 | Contributions écrites des acteurs clés |
Collecte données & diagnostic | Instituts statistiques | 15/12/2024 | Rapport diagnostic complet |
Lancement officiel du processus | Gouvernement | 01/10/2024 | Feuille de route validée & budget alloué |
[1] Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

Brief technique 2 : La Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD)
1 – Contexte national de la FRS (Facilité pour la Résilience et la Durabilité)
Le Cameroun, comme de nombreux pays en développement, fait face à des défis climatiques et économiques interconnectés, justifiant la mobilisation de la FRS :
1.1. Vulnérabilité climatique :
- Risques naturels : Inondations récurrentes (Extrême-Nord, Littoral), sécheresses, érosion côtière (Douala, Kribi).
- Dépendance à l’agriculture : 70 % de la population active dépend du secteur agricole, menacé par la variabilité climatique.
- Déforestation : Perte de 2,7 % de couvert forestier annuel (Bassin du Congo, 2ᵉ poumon vert de la planète).
1.2. Priorités nationales :
- CDN révisées : Engagement à réduire de 35 % les émissions de GES d’ici 2030 (secteurs énergie, agriculture, forêts).
- Stratégie de croissance inclusive : Vision 2035 et Plan National de Développement (PND 2020-2030) visant une transition verte.
- Dette publique : Besoin de financements concessionnels pour éviter un surendettement tout en investissant dans la résilience.
1.3. Enjeux structurels :
- Énergie : 70 % de la population sans accès à l’électricité, nécessité de développer les énergies renouvelables (potentiel hydroélectrique et solaire).
- Gouvernance climatique : Fragilité des institutions locales pour piloter des projets complexes.
2 – Contexte international de la FRS
La FRS s’inscrit dans un cadre mondial marqué par des crises multiples et une coopération renforcée pour le climat :
2.1. Accords globaux :
- Accord de Paris (2015) : Nécessité de mobiliser 100 milliards USD/an pour les pays en développement, avec une focalisation sur l’adaptation.
- Objectifs de développement durable (ODD) : Alignement de la FRS sur les ODD 7 (énergie propre), 13 (climat) et 15 (écosystèmes terrestres).
2.2. Crises mondiales interconnectées :
- Pandémies et conflits : Impact du COVID-19 et des crises géopolitiques sur les économies vulnérables, exigeant des mécanismes de relance résilients.
- Transition énergétique : Pression pour réduire la dépendance aux énergies fossiles (le Cameroun étant un petit producteur de pétrole).
2.3. Mobilisation des institutions financières :
- Rôle du FMI : La FRS est un instrument du FMI lancé en 2022 pour aider les pays à moyen revenu (comme le Cameroun) à financer des réformes climatiques.
- Partenariats multilatéraux : Coordination avec la Banque Mondiale, la BAD (Banque Africaine de Développement) et le Fonds Vert pour le Climat.
2.4. Attentes régionales :
- Afrique centrale : Leadership du Cameroun dans la COMIFAC* pour la protection des forêts du Bassin du Congo.
- Initiative de la Grande Muraille Verte : Implication pour lutter contre la désertification au Sahel.
3 – Synergies National-International
La FRS agit comme un pont entre :
- Les besoins locaux (ex : moderniser l’agriculture, protéger les côtes) et les financements internationaux.
- Les engagements climatiques du Cameroun et les exigences de reporting des bailleurs (suivi MRV : Mesurage, Rapportage, Vérification).
COMIFAC : Commission des Forêts d’Afrique Centrale.
Cette double articulation permet au Cameroun de concilier développement socio-économique et impératifs climatiques globaux.
4 – Objectifs de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRS)
- Renforcer la résilience climatique : Soutenir les réformes structurelles pour l’adaptation aux chocs climatiques (sécheresses, inondations).
- Promouvoir une croissance durable : Financer des projets alignés sur la transition bas-carbone (énergies renouvelables, agriculture durable).
- Coordination avec les CDN : Intégrer les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) du Cameroun dans les programmes financés.
4.1. Priorités de l’agenda climatique camerounais
- Secteurs cibles :
- Protection des écosystèmes critiques (forêt du Bassin du Congo, zones côtières).
- Modernisation des infrastructures résilientes (réseaux d’eau, routes anti-inondations).
- Innovation institutionnelle : Mise en place de cadres législatifs pour la gouvernance climatique (ex : lois sur le financement vert).
4.2. Mécanismes de financement de la FRS
- Accès aux fonds internationaux :
- Partenariats avec le FMI, la Banque Mondiale et des bailleurs climatiques (Fonds Vert pour le Climat).
- Utilisation de prêts concessionnels et de subventions conditionnées à des réformes structurelles.
- Lever l’investissement privé : Incitations fiscales pour les projets verts (ex : énergie solaire, agroforesterie).
5 – Rôle du CT-ST de l’Agenda Climatique
- Coordination interministérielle : Assurer l’alignement entre les ministères (Environnement, Économie, Agriculture).
- Suivi des indicateurs : Mesurer l’impact des projets financés par la FRS (ex : réduction des émissions de GES, surfaces reboisées).
- Plaidoyer international : Représenter le Cameroun dans les négociations climatiques (COP, initiatives régionales).
6 – Défis et solutions proposées
- Défis :
- Capacités techniques limitées des institutions locales.
- Risques de corruption dans l’allocation des fonds.
- Solutions :
- Renforcement des compétences via des formations ciblées.
- Mise en place de mécanismes de transparence (plateformes open-data).
7 – Synergies avec l’agenda africain et mondial
- Intégration régionale : Collaboration avec des initiatives comme l’Initiative pour la Grande Muraille Verte ou la COMIFAC.
- Alignement sur l’Accord de Paris : Exigences de reporting et de redevabilité renforcées (suivi MRV*).