RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN
Paix – Travail – Patrie
MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DE LA PLANIFICATION ET DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI)
Le Cameroun lance officiellement les quatre projets pilotes du partenariat avec l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale
Une cérémonie de haute portée au Hilton Yaoundé, marquant le passage du partenariat Cameroun-CAFI de la vision stratégique à l’action concrète
Date et lieu : 20 février 2026 — Hôtel Hilton, Yaoundé, Cameroun
Yaoundé, le 20 février 2026. —
C’est dans la solennité des grands rendez-vous républicains que le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire a procédé, ce jeudi matin à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, au lancement officiel des quatre projets pilotes du partenariat entre la République du Cameroun et l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI). Près de 180 participants — membres du Gouvernement, corps diplomatique, partenaires techniques et financiers, élus locaux, société civile, secteur privé, universités et médias — ont répondu à l’invitation pour cette cérémonie qui consacre le passage d’un partenariat historique de la vision stratégique à l’action opérationnelle.
Fruit de la Lettre d’Intention signée en octobre 2024 à Hambourg — l’engagement le plus important jamais consenti par CAFI en faveur d’un pays partenaire —, ce lancement inaugure la phase de démarrage d’un programme qui ambitionne de mobiliser progressivement, à travers des dons, des prêts et des investissements du secteur privé, un montant prévisionnel de 2,5 milliards de dollars américains à l’horizon 2035 pour l’émergence d’une économie verte au Cameroun.
De Hambourg à Yaoundé : la genèse d’un partenariat sans précédent
L’histoire de cette cérémonie plonge ses racines dans un engagement de longue durée. Sous la haute impulsion du Chef de l’État, le Cameroun s’est résolument engagé sur la voie de l’émergence à l’horizon 2035, une vision traduite dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) qui place l’industrialisation au cœur de la transformation structurelle de l’économie, tout en veillant à minimiser l’impact environnemental des activités économiques.
Le Cameroun dispose d’une couverture forestière de plus de 22 millions d’hectares, soit près de 47 % de son territoire national. Ce patrimoine naturel exceptionnel — deuxième massif forestier tropical du Bassin du Congo — constitue à la fois un avantage comparatif pour le développement industriel, un réservoir de biodiversité unique et un rempart essentiel contre le changement climatique. Mais il fait face à des pressions croissantes : l’agriculture extensive est responsable d’environ 60 % de la déforestation, tandis que la pression démographique — avec une population qui doublera d’ici 2046 — accentue la demande en terres et en ressources.
C’est précisément pour réconcilier ces impératifs que le Gouvernement a entrepris des négociations avec CAFI, aboutissant en octobre 2024, en marge de la Conférence de Hambourg sur la durabilité, à la signature d’une Lettre d’Intention historique. L’objectif est ambitieux mais clair : rendre les chaînes de valeur agricoles et forestières camerounaises compétitives sur les marchés internationaux, tout en assurant la sécurité alimentaire et en réduisant significativement l’impact du développement sur la déforestation.
Une cérémonie à la mesure de l’enjeu
La cérémonie, placée sous la haute présidence du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Point d’Ancrage Institutionnel de CAFI au Cameroun, s’est déroulée en session plénière solennelle dans les salons de l’Hôtel Hilton de Yaoundé. L’ampleur de la mobilisation attestait déjà, avant même les prises de parole, du caractère fondateur de cet événement.
Le présidium réunissait le Ministre de l’Économie, le Coordonnateur du Système des Nations Unies au Cameroun, le Représentant de l’Ambassade de la République Fédérale d’Allemagne au Cameroun, ainsi que des Représentants de hauts responsables de ministères sectoriels clés — MINADER, MINEPIA, MINFOF. Cette configuration du présidium incarnait la dimension à la fois nationale et internationale du partenariat, et traduisait le caractère intersectoriel de l’initiative.
Quatre allocutions de haut niveau ont précédé le discours de lancement officiel, ponctuées par des intermèdes. Le Coordonnateur du Système des Nations Unies au Cameroun a ouvert le volet des interventions, suivi par la Cheffe du Secrétariat CAFI, Mme Berta Pesti, qui s’est adressée à l’assemblée par visioconférence, illustrant la dimension internationale du partenariat. Le Représentant du FIDA et l’Ambassadeur d’Allemagne au Cameroun ont complété ce cycle d’allocutions, chacun réaffirmant l’engagement de son institution dans la réussite du partenariat.
« Cette Lettre d’Intention représente l’engagement le plus important jamais consenti par CAFI en faveur d’un pays partenaire. Elle prévoit la mobilisation progressive d’un montant prévisionnel de 2,5 milliards de dollars américains — à travers des dons, des prêts liés au développement durable et des investissements du secteur privé — pour accompagner l’émergence d’une économie verte au Cameroun. C’est dire l’ampleur des attentes placées en notre pays, mais aussi la confiance que nos partenaires accordent à notre capacité à relever ce défi. » — Le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
Quatre projets, une vision intégrée
Le cœur de la cérémonie était la présentation des quatre projets pilotes qui constituent l’ossature opérationnelle de la phase de démarrage (2025-2028) du partenariat. Loin d’être des interventions isolées, ces projets forment, selon les termes du Ministre, « un ensemble cohérent et synergique qui répond de manière systémique aux défis du développement durable ».
PROJET | INTITULÉ | AGENCE | BUDGET | PÉRIODE |
PCIM | Projet d’Appui à la Coordination Intersectorielle et Multi-Niveaux | GIZ / PNUD | 17,26 M USD | 2025-2028 |
PAIDATA | Projet Pilote d’Appui à l’Intensification Durable de l’Agriculture et la Transition Agroécologique | FIDA | 23,8 M USD | 2025-2027 |
PRCAT | Projet de Renforcement des Capacités en matière d’Aménagement du Territoire | GIZ | 7,3 M USD | 2025-2028 |
PGIP-GM | Projet de Gestion Intégrée du Paysage Grand Mbam | KfW | 20 M USD | 2026-2029 |
Le Ministre a détaillé l’architecture programmatique avec une clarté qui a marqué l’assemblée. Le PCIM, mis en œuvre conjointement par la GIZ et le PNUD, constitue ce que le Ministre a qualifié de « colonne vertébrale » du dispositif : il assure le pilotage stratégique, l’appui aux réformes et la programmation du portefeuille CAFI. Le PAIDATA, porté par le FIDA en partenariat avec le FODECC, transforme les pratiques agricoles et accompagne la transition agroécologique dans les régions cacaoyères et caféières. Le PRCAT, mis en œuvre par la GIZ, fournit le cadre spatial de référence à travers des outils de planification territoriale durable et inclusive dans les régions du Centre, du Sud et du Littoral. Enfin, le PGIP-GM, financé par la KfW, démontre à l’échelle du paysage emblématique du Grand Mbam la mise en œuvre de l’approche intégrée, incluant les Paiements pour Services Environnementaux (PSE).
« Cette architecture programmatique n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète notre conviction profonde que les défis auxquels nous faisons face — la déforestation, l’insécurité alimentaire, la pauvreté rurale et le changement climatique — sont intimement liés et appellent des réponses coordonnées. » — Le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire
Une mobilisation multi-acteurs sans précédent
La composition de l’assemblée illustrait à elle seule l’ampleur et la transversalité du partenariat. Quatre ministres de la République siégeaient au présidium ou dans la salle, aux côtés de l’Ambassadeur d’Allemagne — deuxième contributeur de CAFI — et du Coordonnateur du Système des Nations Unies. La présence de Présidents de Conseils Régionaux et de plus d’une dizaine de Maires de communes pilotes — de Mbangassina à Akom II, de Melong à Ngambe Tikar — traduisait l’ancrage territorial du programme.
Le secteur privé était représenté par des acteurs clés des filières agricoles et forestières, tandis que la société civile — organisations environnementales, ONG de développement rural, organisations techniques internationales — participait à plus d’une quinzaine de représentants. Le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur, représenté par des professeurs des Universités de Yaoundé, Douala et Bertoua ainsi que l’ICRAF, apportait la caution scientifique nécessaire à un programme de cette envergure.
La couverture médiatique était à la mesure de l’événement : plus d’une vingtaine de médias nationaux et internationaux — CRTV, Canal 2, Equinoxe TV, Cameroon Tribune, entre autres — ont assuré la diffusion de la cérémonie, avec plusieurs points de presse en marge de la cérémonie devant les supports de communication du partenariat.
Des engagements fermes pour une coordination exemplaire
Le discours du Ministre a été marqué par une série d’engagements solennels du Gouvernement. Premièrement, assurer une coordination efficace de l’ensemble des interventions sous l’autorité du MINEPAT, désigné comme Point d’Ancrage Institutionnel. Deuxièmement, mobiliser pleinement les ministères sectoriels — MINADER, MINFOF, MINEPDED, MINEPIA, MINMIDT, MINDCAF, MINTP, MINDDEVEL, MINCOMMERCE, MINCAF, MINFI, MINEE, MINRESI autres — car, selon ses termes, « la lutte contre la déforestation et la promotion d’une économie verte sont l’affaire de tous les secteurs ». Troisièmement, impliquer les Collectivités Territoriales Décentralisées, les acteurs de première ligne de la gestion des terroirs.
L’appel du Ministre au secteur privé et à la société civile était également appuyé : les entreprises agro-industrielles, les exploitants forestiers et les opérateurs économiques sont invités à jouer un rôle majeur dans la promotion de pratiques durables et responsables. Les organisations non gouvernementales, les chercheurs, les communautés locales et les peuples autochtones sont appelés à apporter leur expertise et leur vigilance pour que ce partenariat bénéficie véritablement à tous.
Cette dimension inclusive n’est pas un vœu pieux. L’architecture même du partenariat — avec le PGIP-GM opérant au plus près des communautés du Grand Mbam, le PAIDATA intervenant directement auprès des producteurs via le FODECC, et le PRCAT associant les collectivités à la planification territoriale — traduit une volonté d’enraciner le partenariat dans les réalités locales.
Un partenariat soutenu par une coalition internationale
La présence de l’Ambassadeur d’Allemagne au présidium, les allocutions du Coordonnateur du Système des Nations Unies et du Représentant du FIDA, et l’intervention en visioconférence de la Cheffe du Secrétariat CAFI depuis Genève, témoignaient de l’ancrage international du partenariat. Derrière les quatre projets pilotes, c’est toute une coalition de partenaires techniques et financiers qui se mobilise : la GIZ, la KfW, le FIDA, le PNUD, avec le soutien des pays contributeurs de CAFI — Norvège, Allemagne, Royaume Uni, Pays Bas, France, Belgique, Danemark, République de Corée.
Les échanges bilatéraux observés en marge de la cérémonie, notamment entre le Ministre de l’Économie et les représentants diplomatiques, confirmaient que cet événement dépassait le cadre d’un simple lancement de projets pour s’inscrire dans une dynamique de diplomatie verte et de coopération stratégique.
L’acte fondateur : une déclaration solennelle
Le point d’orgue de la cérémonie est intervenu lorsque le Ministre, au terme d’un discours de trente minutes marqué par la solennité et la profondeur, a procédé à la déclaration officielle de lancement :
« Au nom du Gouvernement de la République du Cameroun, JE DÉCLARE OFFICIELLEMENT LANCÉS les quatre projets pilotes de la phase de démarrage du partenariat entre la République du Cameroun et l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale. »
Cette déclaration a été suivie de la photo de famille officielle rassemblant l’ensemble des participants, puis d’une session d’échanges avec la presse au cours de laquelle les officiels ont répondu aux questions des journalistes devant les roll-ups du partenariat. Le cocktail qui a clôturé la cérémonie a été l’occasion de nombreux échanges informels, tote bags CAFI en main, entre représentants gouvernementaux, partenaires internationaux, élus locaux et acteurs de la société civile — prolongeant dans la convivialité les engagements pris en séance.
Perspectives : le Cameroun, laboratoire de l’économie verte en Afrique Centrale
Avec ce lancement, le Cameroun ne se positionne pas simplement comme bénéficiaire d’un programme international. Il s’affirme comme un laboratoire d’innovation en matière de développement durable, porteur d’un modèle qui pourrait être répliqué à l’échelle du Bassin du Congo. L’approche intégrée retenue — conjuguant coordination institutionnelle, planification territoriale, intensification agricole durable et gestion intégrée des paysages — constitue une réponse novatrice aux défis entrelacés du développement et de la préservation des forêts.
L’opérationnalisation de ces projets se déploiera selon un calendrier progressif. La phase de démarrage (2025-2028), dont le lancement vient d’être solennellement acté, sera suivie d’une phase d’engagement puis d’une phase de mise à l’échelle, avec l’ambition de mobiliser progressivement un montant prévisionnel de 2,5 milliards USD — à travers des dons, des prêts liés au développement durable et des investissements du secteur privé, conformément à la Lettre d’Intention.
‘’ Pour la phase de mise à l’échelle du partenariat jusqu’à 2035, l’Etat du Cameroun et CAFI envisagent mettre en oeuvre des actions concertées pour atteindre les objectifs énoncés en Section I relative à l’objet du partenariat. Afin de financer ces actions, l’Etat du Cameroun et CAFI entendent fournir des efforts conjoints et concertés pour la mobilisation progressive d’un montant prévisionnel de 2,5 milliards de dollars américains composés comme suit : – 500 millions de dollars américains de dons8, dont une partie importante appuiera la structuration de prêts liés au développement durable et/ou d’autres financements innovants et basés sur la performance, créant un effet de levier financier ; – 500 millions de dollars américains de prêts liés au développement durable auprès d’institutions financières internationales ; – 1,5 milliards de dollars américains auprès du secteur privé.’’
Ces travaux s’inscrivent également dans un calendrier climatique stratégique, en lien avec la finalisation de la CDN 3.0 du Cameroun et la préparation de la COP30 à Belém.
Comme l’a formulé le Ministre en conclusion de son discours : « Puisse ce lancement marquer le début d’une nouvelle ère pour la gestion durable de nos forêts et le développement de notre économie verte. » Les photos de famille, les poignées de main et les sourires de ce 20 février au Hilton de Yaoundé ne sont que le premier chapitre d’une histoire que le Cameroun et ses partenaires sont déterminés à écrire ensemble.
LE PARTENARIAT CAMEROUN-CAFI EN CHIFFRES
2,5 milliards USD — Montant prévisionnel à mobiliser (dons, prêts, secteur privé) | 4 projets pilotes lancés en phase de démarrage |
~180 participants à la cérémonie de lancement | 8 pays contributeurs CAFI mobilisés : Norvège, Allemagne, Royaume Uni, Pays Bas, France, Belgique, Danemark, République de Corée. |
22 millions d’hectares de forêts (47% du territoire) | 3 phases : démarrage, engagement, mise à l’échelle |
4 agences de mise en œuvre (GIZ, FIDA, KfW, PNUD) | 20+ médias nationaux et internationaux présents |